Page:Luzel - Gwerziou Breiz-Izel vol 1 1868.djvu/33

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  Maintenant que je vous ai rencontré,
Il vous faudra m’épouser ;

  Il vous faudra m’épouser sur le champ,
Ou me donner mon poids d’argent ;
 
  Ou bien encore mourir dans trois jours,
Ou rester sept ans malade sur votre lit ;

  Ou rester sept ans malade sur votre lit,
Et cependant mourir ensuite ! —

  — Pour vous épouser, je ne le ferai point,
Car je suis fiancé et même marié ;

  Je suis fiancé et même marié,
Et ma femme a donné le jour à un jeune fils.

  J'aime mieux mourir au bout de trois jours,
Que rester sept ans sur mon lit ;
 
  Que rester sept ans sur mon lit,
Et cependant mourir ensuite ! —


III

  Le seigneur comte disait
A sa mère, en arrivant à la maison.
 
  — Ma pauvre mère, faites-moi mon lit bien à l'aise,
Car j'ai fait une mauvaise journée :

  J’ai été chasser au bois.
Et j’ai rencontré une fée ;
 
  J’ai rencontré une fée,
Et elle m’a parlé de la sorte :

  Ou l’épouser sur le champ,
Ou lui donner son poids d’argent ;
 
  Ou bien encore mourir au bout de trois jours,
Ou rester sept ans malade sur mon lit ;

  Ou rester sept ans malade sur mon lit,
Et mourir après, cependant.

  Je serai mort dans trois jours,
Et le quatrième je serai enterré.

  Ma pauvre mère, si vous m’aimez,
Vous n’avouerez pas à ma femme ;

  Vous n’avouerez pas à ma femme,
Jusqu’à ce qu’elle ait été purifiée. —