Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 1, 1881.djvu/105

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voilà embarrassé, car comment aller plus loin, puisqu’il n’y avait là ni passeur ni bateau ? Mais, comme il regardait tristement la mer, un homme tout nu sortit tout à coup de l’eau, s’avança vers lui et parla de la sorte :

— Où voulez-vous aller, jeune homme ?

— Voir mon père, saint Pierre, le portier du paradis.

— Eh bien ! montez sur mon dos, et je vous ferai passer l’eau.

Pierre ne voulait d’abord pas écouter le conseil et accepter le service d’un être si étrange.

— Qui êtes-vous ? lui demanda-t-il.

— Je suis, lui répondit l’homme nu, celui que vous avez fait enterrer, ce matin, et, pour reconnaître le service que vous m’avez rendu, je veux aussi faire quelque chose pour vous. Montez sur mon dos, et ne craignez rien.

Pierre, un peu rassuré, bien que cela lui parût fort singulier, monta alors sur le dos de l’homme nu, et celui-ci le transporta, sans mal, de l’autre côté de l’eau.

— Ai-je encore loin à aller ? lui demanda-t-il.

— Non : sans tarder, vous apercevrez un château magnifique ; c’est là le paradis. Frappez à la porte, et saint Pierre lui-même vous ouvrira. Au retour, vous me trouverez encore ici, pour vous faire repasser l’eau.