Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/102

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Quelque soir, malgré la défense des maîtres de l’épier ou de l’inquiéter à ce sujet, une servante plus curieuse que les autres, pendant que tout le monde dormait dans la maison, se rendit tout doucement, sur la pointe du pied, jusqu’à la porte de sa chambre, et, regardant par le trou de la serrure, elle fut bien étonnée de ce qu’elle vit. Le fagot brûlait dans le foyer, et Déodié était assise dessus, tout environnée de flammes, sans paraître en souffrir, et tenant à la main son petit livre où elle semblait lire, et elle disait à haute voix :

— Déodié, ma mère chérie, je voudrais vous revoir avant de mourir !

Et elle resta dans le feu, jusqu’à ce que le fagot fût entièrement consumé.

La curieuse, qui voyait et entendait tout cela par le trou de la serrure, n’en revenait pas de son étonnement ; elle n’en dit pourtant rien à personne. Mais, la nuit suivante, elle alla encore regarder par le trou de la serrure de la chambre de Déodié, puis une troisième fois, et, à chaque fois, elle vit et entendit la même chose, si bien qu’elle finit par dire à sa maîtresse :

— Vous avez une sainte dans votre maison.

— Une sainte... et qui donc ?

— C’est Déodié.

Et elle raconta ce qu’elle avait vu et entendu,