Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/103

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par trois fois. La maîtresse n’en crut rien. Pourtant, désirant s’en assurer par elle-même, elle alla aussi, la nuit suivante, regarder par le trou de la serrure de la chambre de Déodié, et reconnut la vérité de ce que lui avait dit sa servante, car elle vit et entendit elle-même tout ce que celle-ci lui dit avoir vu et entendu.

Cependant, Déodié s’aperçut qu’on la surveillait, et elle témoigna le désir de quitter cette maison ; mais les maîtres, convaincus qu’ils avaient une sainte chez eux, firent tant d’instances auprès d’elle, lui promettant qu’elle ne serait ni surveillée ni inquiétée en rien, qu’elle céda et consentit à rester.

Son père, à qui appartenait cette ferme, sans qu’elle le sût, vint la visiter, à quelque temps de là. Quand il avait appris la disparition de sa fille de chez sa nourrice, il l’avait fait rechercher, mais en vain, et il en fut très-peiné, et songea souvent à elle et à sa mère, car il n’était pas heureux avec sa seconde femme. Il remarqua Déodié pendant la visite à la ferme, et fut si frappé de sa beauté et de son bon air surtout, qu’il demanda qui elle était et d’où elle venait.

— Nous ignorons qui elle est et d’où elle vient, lui répondit-on. Tout ce que nous savons d’elle, c’est qu’elle s’appelle Déodié et qu’elle se dit orpheline. Elle est arrivée ici, un soir, deman-