Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/134

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était effrayé dans le palais : elle ressemblait à une diablesse enragée. Mais elle avait beau faire, Ollivier lui lançait toujours de l’eau bénite à tour de bras. Au bout de quatre jours de ce traitement, la princessse s’était calmée et paraissait délivrée de l’esprit malin qui l’obsédait. On fit venir alors un prêtre, sur sa demande, et elle lui avoua son péché, ou plutôt son sacrilège. On dessécha aussitôt la mare, et le crapaud y fut trouvé. Le prêtre l’ouvrit, et, en ayant extrait la sainte hostie, il la donna à manger à la princesse. Elle fut aussitôt complètement guérie, et elle devint, à partir de ce moment, la personne la plus sage et la plus dévote de la ville de Londres. Son mariage avec son sauveur fut célébré peu après, et le vieux roi étant venu à mourir dans l’année, Ollivier lui succéda sur le trône et se trouva être ainsi roi d’Angleterre.

Le jour vint où expirait l’année depuis que les deux frères s’étaient séparés, sur le pont de Londres. Ollivier n’avait pas oublié, malgré sa fortune inespérée, le rendez-vous qu’ils s’étaient donné au même lieu. Au terme convenu, il se rendit donc sur le pont de Londres, habillé comme un bon bourgeois, et non comme un roi. Quand il arriva, Robert n’était pas encore au rendez-vous ; Il se mit à se promener sur le pont et vit venir