Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/154

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


IV


le méchant avocat emporté par le diable.



Ceci m’a été conté par mon père, nommé Vincent Coat, comme moi-même, qui avait connu l’avocat en question et aussi son fils, et c’est comme témoin oculaire, ayant vu et entendu lui-même, qu’il affirmait que tout est vrai dans le petit récit suivant.

Il y avait à Morlaix un avocat pour qui tous les moyens étaient bons pour gagner de l’argent, et qui rançonnait sans pitié les pauvres gens qui s’adressaient à lui. Aussi était-il devenu riche. Mais la richesse acquise malhonnêtement n’est pas enviable et porte ordinairement malheur. Quelque riche qu’il fût donc, il mourut comme le dernier des hommes, quand Dieu jugea le moment venu de le citer devant son tribunal, pour rendre compte de ses actes pendant sa vie. Sa mort fut, dit-on, horrible, et il criait et blasphémait, et se tordait comme un véritable possédé.

On l’ensevelit ; on le plaça dans sa bière, et ses parents et ses voisins se réunirent dans sa maison