Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/228

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étonné de voir les deux bouquets sur l’autel de la Vierge.

— Qui a posé ces deux bouquets sur l’autel de la Sainte-Vierge ? demanda-t-il à sa servante, qui balayait toujours l’église.

— Je ne sais pas, monsieur le recteur, répondit la servante.

— Qui est-ce qui est venu dans l’église, depuis que vous y êtes ?

— Il n’est venu que la petite Marie Petit-Cœur.

— Marie Petit-Cœur ! Ce ne peut pas être cette pauvre fille qui a fait don à l’autel de la Sainte-Vierge de deux bouquets pareils.

— Je vous assure, monsieur le recteur, qu’il n’est pas entré d’autre personne qu’elle dans l’église.

Le recteur sortit et se rendit chez la mère de Marie Petit-Cœur. L’enfant lui conta tout, comment elle avait fait couver un œuf par la poule, afin d’avoir quelque chose à donner pour les réparations de l’église ; comment de ce seul œuf il était sorti six poussins, et comment enfin, étant allée vendre les poussins au marché de Lannion, une belle dame lui en avait donné un morceau de pain blanc pour sa mère et une pièce de monnaie jaune, avec laquelle elle avait acheté les deux bouquets.