Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/230

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tresse l’aimaient beaucoup. Quand elle eut atteint l’âge de seize ou dix-sept ans, c’était une belle jeune fille, jolie et sage, et elle accompagnait partout sa maîtresse. Mais il y avait aussi dans la maison une jeune couturière qui était jalouse d’elle et qui cherchait continuellement les moyens de lui nuire. Cette fille dit un jour en confidence à sa maîtresse que son mari la trompait avec Mettic. La maîtresse répondit d’abord qu’elle ne le croyait pas.

— Eh bien ! répondit la couturière, je vous ferai voir quelque chose, un de ces jours, et alors peut-être vous croirez.

Un jour que le maître se promenait seul dans le jardin, la cuisinière, sur le conseil de la couturière, dit à Mettic :

— Je suis en retard avec mon ouvrage, et vous me feriez plaisir, gentille Mettic, si vous vouliez bien aller me chercher des choux et des oignons dans le jardin, pour mettre dans la soupe ?

Mettic était loin de songer à aucun mal, et elle courut au jardin. Son maître l’aida à couper des choux et à choisir des oignons. Comme ils étaient tous les deux l’un près de l’autre, derrière les buissons de groseilliers, la méchante couturière dit à sa maîtresse :

— Tenez, madame, mettez-vous à la fenêtre,