Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/242

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quoique cela lui parût bien singulier. Quelques moments après s’être couchée, elle prétexta donc une indisposition et sortit. Françoise prit sa place dans le lit, presque aussitôt, et se mit à sangloter.

— Qu’as-tu donc à pleurer de la sorte ? lui demanda François.

— C’est toi qui me rends malade, répondit-elle en sanglotant plus fort, pour dissimuler sa voix, et il te serait pourtant si facile de faire cesser mon mal !

— Comment cela ? Dis-le vite alors.

— En répondant à la question que je t’ai adressée si souvent.

— Eh bien ! je vais te dire tout, puisqu’il le faut, mais à la condition expresse que tu n’en diras jamais rien à ta sœur.

— Je ne lui en dirai rien, tu peux en être sûr.

— Jure-le-moi donc.

— Je te le jure.

— Eh bien ! si je n’ai pas voulu épouser ta sœur, c’est que j’en ai été dissuadé par un vieillard vénérable et très-savant, et qui savait lire dans les astres la destinée de chacun. Cette pauvre Françoise est née sous une mauvaise planète[1], et elle a une destinée bien malheureuse !

  1. Dans nos poésies et récits populaires, le mot planelenn, planète, est fréquemment employé dans le sens de sort, destinée.