Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/309

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Les noces terminées, le roi revint dans son royaume avec la princesse de Saint-Turuban, et il fut convenu que les deux princesses seraient traitées en tout absolument de la même manière. Le roi trouva bon qu’on leur confiât à tour de rôle l’administration de la dépense de la table, et qu’elles apprissent même à faire la cuisine, cela pouvant leur être utile plus tard. Ce fut Marie qui commença, pendant un mois. Comme elle était douce et polie, et bien élevée, elle était obéie et aimée de tout le monde. Elle recevait avec plaisir et reconnaissance les avis et les conseils de la cuisinière, qui lui apprit le secret de ses meilleures sauces et le reste, et jamais le roi et la reine n’avaient été plus contents de la manière dont leur table était servie et la dépense du palais administrée.

Quand le mois fut écoulé, ce fut le tour de Jeanne de descendre à la cuisine. Tout changea alors. Elle repoussait et insultait la cuisinière, ainsi que tout autre qui voulait lui donner quelque bon conseil, et n’en faisait jamais qu’à sa tête. Aussi, tout allait-il on ne peut plus mal.

Jamais les repas n’étaient prêts à l’heure ; les rôts étaient le plus souvent brûlés, les sauces ou trop épicées, ou trop douces, et les dépenses avaient doublé. Le roi était mécontent.

Voyant cela, la reine songea aux moyens de se