Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/333

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Quand le roi apprit que le factionnaire de la dernière nuit était revenu sans mal, il le fit appe1er, pour l’interroger. Goulven lui raconta tout ce qu’il avait vu et entendu, promit de tenter l’aventure une seconde fois, puis une troisième s’il en revenait la seconde, ainsi qu’il l’espérait bien, et le roi fut si content de lui, qu’il l’invita à dîner à sa table.

La nuit suivante, Goulven se rendit encore à l’église, avec un flacon d’eau-de-vie, comme la veille. Il attendait la vieille et commençait à s’impatienter, la croyant en retard, lorsque tout d’un coup elle parut encore à côté de lui. Ils trinquèrent encore ensemble, puis la vieille lui parla de la sorte :

— Tu as eu bien peur la nuit dernière, n’est-ce pas ? Eh bien ! cette nuit, tu en auras encore davantage. Voici ce qu’il te faudra faire. Au premier coup de minuit, la princesse viendra, mais plus furieuse et plus terrible qu’hier. Elle mettra en mille morceaux le confessionnal où tu t’étais caché ; mais, cette fois, tu te retireras dans l’escalier de la tour, et t’arrêteras sur la sixième marche. Quand elle aura fait le tour de l’église et mis le confessionnal en morceaux, en poussant des cris affreux, elle entrera dans l’escalier de la tour et commencera de monter les marches. Ne t’effraie pas pour l’entendre près de toi, car, au