Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/37

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quelqu’un l’appela : enfant trouvé. Cadou demanda à son père nourricier, qu’il croyait être son véritable père, ce que c’était qu’un enfant trouvé.

— Ce n’est rien de mal, mon enfant, lui répondit le pauvre homme. Et il défendit à ses enfants de prononcer de nouveau ces paroles.

Cependant Cadou n’était pas satisfait de cette explication ; et ayant fait la même question à d’autres personnes, il lui fut répondu qu’on appelait enfants trouvés ceux dont les pères et quelquefois les mères n’étaient pas connus. Cela lui donna fort à penser, et, à partir de ce moment, il devint triste et soucieux. Enfin, il prit la résolution de se mettre en route, à la recherche de son père et de sa mère, et de ne s’arrêter que lorsqu’il les aurait trouvés. Il partit, un beau matin, sans rien dire à personne.

Après plusieurs jours de marche, un soir, il arriva, harassé de fatigue, à la porte d’un château et demanda à y être reçu comme valet. Comme il avait bonne mine, on l’accueillit bien.

Ce château était habité par son père et sa mère ; mais il ne les reconnut pas, et eux ne le reconnurent pas non plus. L’ermite avait recommandé au frère de ne pas quitter sa sœur, jusqu’à ce qu’il lui eût trouvé un mari. Cadou leur plaisait beaucoup, et ils ressentaient pour lui des sentiments de bienveillance et d’affection qu’ils ne s’expli-