Page:Luzel - Légendes chrétiennes, volume 2, 1881.djvu/39

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chambre nuptiale, il se jeta à genoux et se mit à prier. Mais, comme il n’en finissait pas, sa femme lui dit :

— Vous avez assez prié comme cela, Cadou ; couchez-vous, à présent.

— Je n’ose pas, répondit-il en tremblant.

— Que craignez-vous donc ?

— Hélas ! je suis un enfant trouvé ; je ne connais ni mon père ni ma mère... et si le malheur voulait que...

Il lui raconte comment il a été trouvé abandonné, au bord d’une route, et élevé par un mendiant et sa femme, qui l’avaient recueilli. Une bourse pleine d’argent était près de lui, dans son berceau, avec une lettre où l’on priait celui qui le recueillerait d’avoir bien soin de lui, de le faire instruire et de le faire passer pour son propre fils...

À ces mots, la femme s’écria :

— Grand Dieu ! c’est mon fils !...

Cadou, en entendant cela, s’enfuit comme un fou et prit immédiatement le chemin de Rome, pour aller se jeter aux pieds du Saint-Père. Il allait pieds nus, en mendiant, et sans se reposer jamais sous aucun toit.

Après bien des misères et des peines, mesurant la terre du labeur de ses pas, en pèlerinant pour la rémission de ses péchés, il finit par arriver dans