Page:Mélanges de littérature française du moyen âge.djvu/59

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raisons très convaincantes qu’a données M. Guesnon ’ pour établir que l’exil d’Adam ne repose que sur l’interprétation erronée d’un passage du Congé de Baude Fastoul.

3. Le fahlel ^ (p. 191-195). — Cette section, — sauf l’ingénieuse conjecture relative à Etienne d’Alinerre ^, disciple d’Abailard, qui, d’après Élinand, était cxercitatissiinus in omni génère facetiarum utriusque lingue, latine el gallice, et auquel M. Suchier attribuerait volontiers i?/r/;m/, — ne contient rien de bien remarquable . L’auteur n’a pas voulu entrer dans la discussion de la question, si agitée en ces derniers temps, de l’origine orientale des fableaux ; il se contente (p. 194) de remarquer que le sujet du Lai d'Aristote se retrouve en sanscrit. Il donne l’analyse de huit fableaux et des indications sommaires sur quelques autres 4.

4. Les branches de Renard et les fables d’ animaux (p. 195-202). — Sur les origines du Roman de Renard, M. Suchier présente des idées, comme toujours, fort intéressantes. Ce ne sont pas tout à fait celles que j’ai exposées ici même ’, et je ne veux pas

��Bossu », « de le Haie » n’étant qu’un surnom passager qui avait été donné à son père à cause des fonctions qu’il exerçait.

1. La Satire à Arras (Paris, r90o), p. 108-109.

2. X Les fablels (appelés aujourd’hut par les Français fabliaux) », dit l’auteur (p. 190) ; il aurait dû remarquer que la forme correcte fableaux a été récemment remise en honneur [cf. ci-dessous, p. 95]. — 11 joint au fabloau ce qu’il appelle « le nouveau lai », c’est-à-dire les contes d’un caractère plus sérieux qui, en effet, portent souvent le titre de lais au xiii^ siècle.

3. Cette forme Alitierre, qu’on chercherait en vain dans la toponymie française, est bien suspecte : je suppose qu’il faut lire dans le texte d’Elinand Alçuerre, c’est-à-dire Auxerre.

4. Ni Richetit ni Tnihert ne sont à proprement parler des fableaux. La Fie de Richeiit, dont nous n’avons qu’une « branche », est un roman biographique d’un genre particulier (Sanson, soit dit entre parenthèses, rappelle bien moins Don Juan que le Bel-Ami de Maupassant, comme Richeut est bien moins proche de Manon Lescaut que de certaines figures de romans contemporains) ; Truhert est un « roman à tiroirs », où diverses aventures, — dont il nous manque, comme pour Richeut, les dernières, — sont attribuées à un même personnage : c’est donc aussi une sorte de roman biographique.

5. Journal des Savants, 1894 et 1895 (ci-dessous, III).