Page:Mémoires de Louise Michel.djvu/412

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sont sortis calmés, pris peut-être par la Révolution qui souffle dans les prétoires, je revois tout cela.

Mais ce n’est pas moi, messieurs, que vous avez condamnée ; on sait bien que je ne cherche pas à m’enrichir ; c’est ma vieille mère que vous avez condamnée à mort — et elle est morte.

On ne la réveillera pas, sous terre.

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Qu’il me soit permis de me rendre une justice.

Cette accusation d’avoir ri n’est qu’un leurre. On ne voulait pas me condamner autrement parce qu’une femme est plus vite tuée par le ridicule. Rétablissons les faits : ce sont mes convictions qu’on poursuit en moi ; j’ai donc le droit de mettre ici le manifeste de Lyon comme j’avais ma place au procès des anarchistes et j’en partage toutes les idées.

Ceci sera une justice, et cela étant fait, je n’aurai plus besoin de m’inquiéter de mon procès.


MANIFESTE DES ANARCHISTES

Ce qu’est l’anarchie, ce que sont les anarchistes, nous allons le dire :

Les anarchistes, messieurs, sont des citoyens qui, dans un siècle où l’on prêche partout la liberté des opinions, ont cru de leur droit et de leur devoir de se recommander de la liberté illimitée.