Page:Mémoires de Louise Michel.djvu/469

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Les agents, au lieu de me tourmenter, nous ont aidés à transporter ma mère sans secousse d’un lit à l’autre chaque fois qu’elle le désirait.

Elle les a remerciés et je m’en souviens.

Ils ne sont pas de ceux qui s’occupent des politiques et je crois qu’ils n’ont pas été non plus de ceux qui assommèrent le peuple le 24 mai de cette année au Père-Lachaise. Et puis, qui donc, si ce n’est l’horrible engrenage des vieilles lois, répond des états offerts aux enfants du peuple ? Ils ne viennent pas au monde avec du pain sur leur berceau.

Que le gouvernement qui a bien agi envers moi, en me laissant près de ma mère mourante, ne salisse pas cette générosité d’une grâce après sa mort.

Qu’ai-je fait plus que les autres, pour qu’on remue toujours cette question ?

Une grâce ! À l’anniversaire de ce 14 Juillet où, il y a deux ans, on m’emmena de Paris où elle me crut pendant un an !

Qu’ai-je fait à ceux qui me croient capable de la recevoir ?

C’est si peu de chose qu’une femme qu’ennemis comme amis sont toujours heureux de lui faire un sort avilissant, même quand ils savent aussi bien les uns que les autres qu’elle ne faiblira pas.