Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 15.djvu/111

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nard Euler n’a pas dédaigné de traduire en allemand, peu de temps après, en l’enrichissant de savants commentaires, Robins cite des résultats d’expériences sur la pénétration, dans le bois d’orme, de balles animées de 730 et 1700 pieds anglais de vitesse par seconde, qui prouvent, non-seulement que le volume, ou, ce qui revient au même ici, la profondeur des enfoncements est proportionnelle au carré de la vitesse ou à la force vive de ces balles, mais encore que la résistance à la pénétration est constante à tous les instants, de sorte que le mouvement est uniformément retardé, et entièrement analogue par conséquent à celui d’un corps pesant lancé verticalement, de bas en haut, contre l’action de la gravité.

Robins n’hésite point à étendre ce principe à des projectiles et à des milieux quelconques, et Euler, admettant comme chose évidente que la résistance de ces derniers doit être indépendante de la vitesse du mouvement et rester simplement proportionnelle à leur force de ténacité et au carré du diamètre des boulets, en déduit, par un calcul facile, la règle expérimentale de Robins, et cette autre règle fort importante pour l’artillerie, qu’à vitesse et densité égales des boulets, les enfoncements, pour un même milieu, sont proportionnels aux diamètres de ceux-ci ; de sorte que les plus gros projectiles non-seulement font, dans les remparts, des ouvertures plus larges, mais encore plus profondes.

Cette théorie d’Euler paraît avoir servi de point de départ à tous les auteurs qui ont traité la question de l’enfoncement des projectiles dans les milieux résistants : il nous suffira de citer Hutton, célèbre professeur anglais à l’école militaire de Woolwich, à qui on doit un grand nombre de belles expériences sur les pénétrations et les vitesses initiales des