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MÉMOIRE SUR L'ENDOSMOSE

ceau de vessie, le courant d’endosmose était dirigé de l’eau vers l’acide. Quant aux acides sulfurique et hydrosulfurique, il me parut qu’ils étaient complètement incapables de produire l’endosmose ; je leur donnai en conséquence la qualification de liquides inactifs par rapport à l’endosmose. Ce langage métaphorique, introduit dans l’énoncé d’une théorie physique, annonçait suffisamment que la véritable théorie de ces phénomènes était encore loin d’être connue : il fallait de nouvelles recherches tant pour établir la certitude des faits observés que pour les coordonner en théorie véritablement physique ; cependant j’ai négligé longtemps de m’en occuper. Les recherches récentes que je vais exposer ici, révéleront une série de faits nouveaux fort importants sur la voie desquels je m’étais trouvé il y a six ans, et qui m’avaient échappé. Avant d’exposer ces nouvelles observations sur l’endosmose, je crois qu’il est nécessaire que j’entre dans quelques explications sur le sens que j’attache à ce mot endosmose, car il me paraît que ce sens n’a pas toujours été bien compris. Je commence par reproduire la définition que j’ai donnée précédemment de ce phénomène.

Lorsque deux liquides miscibles et hétérogènes sont séparés par une cloison à pores capillaires, ces deux liquides marchent l’un vers l’autre avec inégalité, au travers des canaux capillaires de la cloison séparatrice ; il résulte de cette inégalité de marche que l’un des deux liquides reçoit de son voisin plus qu’il ne lui donne, en sorte que son volume augmente sans cesse aux dépens du volume de ce liquide voisin. Il y a donc ici un courant fort et un contre-courant faible. J’ai donné le nom de courant d’endosmose au courant fort, et le nom