Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 5.djvu/349

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hypothèse très-simple quand on ne considère qu’une classe de phénomènes nécessite beaucoup d’autres hypothèses lorsqu’on veut sortir du cercle étroit dans lequel on s’était d’abord renfermé. Si la nature s’est proposé de produire le maximum d’effets avec le minimum de causes, c’est dans l’ensemble de ses lois qu’elle a dû résoudre ce grand problème.

II est sans doute bien difficile de découvrir les bases de cette admirable économie, c’est-à-dire, les causes les plus simples des phénomènes envisagés sous un point de vue aussi étendu. Mais, si ce principe général de la philosophie des sciences physiques ne conduit pas immédiatement à la connaissance de la vérité, il peut néanmoins diriger les efforts de l’esprit humain, en l’éloignant des systèmes qui rapportent les phénomènes à un trop grand nombre de causes différentes, et en lui faisant adopter de préférence ceux qui, appuyés sur le plus petit nombre d’hypothèses, sont les plus féconds en conséquences.

Sous ce rapport, le système qui fait consister la lumière dans les vibrations d’un fluide universel, a de grands avantages sur celui de l’émission. Il permet de concevoir comment la lumière est susceptible de recevoir tant de modifications diverses. Je n’entends pas ici celles qu’elle éprouve momentanément dans les corps qu’elle traverse et qu’on peut toujours rapporter à la nature de ces milieux ; mais je veux parler de ces modifications permanentes qu’elle emporte avec elle et qui lui impriment des caractères nouveaux. On conçoit qu’un fluide, assemblage d’une infinité de molécules mobiles soumises à une dépendance mutuelle, est susceptible d’un grand nombre de modifications différentes, en raison des mouvemens relatifs qui leur sont imprimés. Les vibrations de l’air et la variété des sensations qu’elles produisent sur l’organe de l’ouïe, en offrent un exemple remarquable.

Dans le système de l’émission au contraire la marche