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histoire de l’académie,

et à plusieurs nations un accroissement de richesses. » Un système de navigation intérieure, susceptible d’étendre ses ramifications dans des contrées que la nature ne semblait pas avoir destinées à profiter des avantages de ce mode de communication, est un objet tout-à-fait digne d’une discussion approfondie. Des idées généralement reçues, des préjugés consacrés par le temps, pourront s’opposer à son adoption. C’est une raison, dit encore l’auteur, pour nous hâter d’en développer les principes avec plus d’étendue, et d’en indiquer des applications nouvelles. Ici commence la partie analytique, dans laquelle il ne nous est pas permis de le suivre. Pour exemple des applications utiles qu’on peut faire de sa théorie, il cite le projet de communication entre le Rhône et la Loire. Ce qui caractériserait sur-tout cette communication à travers le plateau de Saint-Étienne, c’est qu’on trouve dans la propre masse des matières pesantes qu’on y exploite une partie de la force nécessaire à leur transport, puisqu’en descendant sur le canal qui servirait à leur exploitation, elles pourraient faire remonter de ses biefs inférieurs une partie de l’eau nécessaire à son entretien. L’auteur passe alors aux graves inconvéniens dans lesquels on est tombé pour avoir ignoré ces principes. Pour exemple, il cite le canal de Briare, le plus ancien de France et le plus généralement connu. Il résulte de ses calculs que la dépense due au maintien de la navigation sur ce canal pourrait être réduite à 200,000 tonneaux ; ainsi les au moins du volume d’eau spécialement réservé pour cet usage sont consommés en pure perte ; et cependant, faute d’eau, la navigation est souvent interrompue sur ce canal pendant plusieurs mois de l’année.