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éloge historique

ceux qui ont essayé de pénétrer dans cette partie du monde. C’est d’après ses avis réitérés qu’on a cherché à faire le tour de l’Amérique par le nord-ouest, et qu’on y a persévéré, malgré le mauvais succès d’une première tentative. Toutes les opérations relatives à la mesure de la méridienne, soit que des Anglais ou des Français y travaillassent, furent favorisées par lui ; en temps de guerre comme en temps de paix, les passe-ports, l’hospitalité, leur étaient assurés par ses soins. Mais ce que déjà nous avons annoncé, et ce qu’il est sur-tout de notre devoir de célébrer dans cette enceinte, c’est la générosité infatigable avec laquelle, au milieu des passions les plus échauffées, il a su adoucir les maux de la guerre envers ceux qui se livraient à des recherches scientifiques.

Le vertueux Louis XVI, à l’ouverture de la guerre d’Amérique, avait, de son chef, fait donner par-tout à ses vaisseaux l’ordre de respecter le capitaine Cook et ses compagnons. À l’honneur de notre siècle tant calomnié, ce bel exemple est devenu un article de la loi des nations, mais c’est principalement le zèle constant de M. Banks qui est parvenu à l’y faire inscrire. Non seulement il n’a jamais manqué une occasion d’engager le gouvernement anglais à s’y conformer ; plus d’une fois il a fait parvenir ses sollicitations jusqu’à des gouvernemens étrangers. Dès le commencement de la guerre, il avait obtenu que des ordres sembables seraient donnés en faveur de La Pérouse, s’il existait encore ; il s’était fait enquérir de lui sur toutes les mers. Lorsque la discorde eut mis fin à l’expédition d’Entrecasteaux, et que les collections de M. de la Billardière furent transportées en Angleterre, il réussit à se les faire remettre ; et non-seulement il s’empressa de les renvoyer ici, il ajouta à tant de soins la délicatesse de les renvoyer sans même les