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éloge historique

découvrir tous ceux en faveur de qui l’on pouvait alléguer quelque occupation ou quelque titre scientifique ; c’était par l’Institut qu’il les faisait réclamer, et l’Institut n’était pas plus difficile que lui sur le prétexte. On parvint ainsi à soustraire plus d’un personnage digne d’estime à une captivité qui lui aurait peut-être été fatale.

Certes, celui qui use ainsi de son influence a bien le droit de veiller à ce qu’elle demeure intacte ; c’est même un devoir pour lui ; et dans cette lutte universelle pour le pouvoir, lorsque le hasard en fait échoir quelques parcelles à un homme animé de pareils sentimens, s’il négligeait de les conserver, la société tout entière aurait droit de se plaindre. Voilà l’unique réponse que les amis de M. Banks aient à faire à ce que l’on a pu dire contre le soin jaloux avec lequel il prévenait ce qui pouvait affaiblir la considération de sa place, ou mettre la discorde dans sa compagnie. Quelquefois, nous l’avouerons, ses précautions ont pu sembler excessives : mais, attaqué si souvent par des hommes exaspérés, n’avait-il pas raison de craindre qu’un instant de relâchement ne leur donnât prise ? Le seul fait d’avoir répondu avec quelque politesse à l’Institut, qui venait, en 1802, de le nommer associé étranger, réveilla toutes les fureurs de ce Horseley qui semblait l’avoir oublié depuis quinze ans, et à qui l’on devait croire que son âge et sa dignité épiscopale auraient inspiré plus de modération : il écrivit contre M. Banks une brochure virulente, et, après sa mort, il a laissé des héritiers de sa haine, que la mort de M. Banks lui-même n’a pu calmer.

Pour nous, que rien n’empêche, à ce qu’il nous semble, de porter un jugement aussi impartial que la postérité, nous croyons devoir louer sans réserve en M. Banks le courage qu’il a mis à des entreprises périlleuses ; le noble emploi