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partie mathématique.

en Angleterre d’un usage presque universel, cet instrument, dis-je, est un corollaire de statique proposé par Pascal.

Ainsi les sciences, dont le premier caractère est sans doute d’élever et d’éclairer l’esprit, semblent aussi nous avoir été données pour suppléer à notre faiblesse et à l’imperfection des sens. Je vois par-tout l’homme s’emparer des forces de la nature, et poursuivre sa plus noble conquête. Il dispose à son gré du poids et des mouvemens de l’air et des eaux ; il fait servir à ses desseins l’élasticité de la vapeur, ou plutôt celle du feu lui-même, qui pénètre et anime l’univers, cause perpétuelle et infinie de puissance et d’action : cet empire sur les élémens et les forces naturelles n’est-il pas un des principaux attributs de la raison humaine, et le témoignage le plus éclatant de la sublimité de sa source ?

Au rang des grandes applications des sciences mathématiques, on doit placer celles qui appartiennent en France à des branches principales du service public.

L’établissement destiné à réunir tous les documens qui intéressent la marine, doit à MM. de Rosili et de Rossel une nouvelle activité, et cet ordre constant et précis qu’exigent l’extrême variété et l’importance des résultats ; on a connu, dans ces circonstances, tous les avantages que procurent à l’administration une expérience consommée, la sagesse des vues et les lumières de la théorie.

L’analyse et la discussion de ces documens, et les méthodes hydrographiques qui servent à l’exploration des côtes, ont été perfectionnées par MM. Buache et Beautems-Beaupré.

Ces méthodes ont reçu un degré de perfection que l’on pouvait à peine espérer ; on a employé de nouvelles sondes ; on a reconnu et décrit avec des détails innombrables la configuration des terres, la position des écueils et des bas-fonds. Ces travaux s’étendent chaque année à de nouvelles parties des côtes de l’Océan. Ils confirment la juste réputation, et,