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histoire de l’académie,

déduire de ces observations des conséquences utiles ; mais il est préférable d’employer un autre procédé, que nous allons décrire sommairement.

On suspend horizontalement une barre prismatique, et l’on échauffe l’extrémité en plaçant au-dessous une lampe dont le foyer est constant ; le prisme est percé, en divers endroits, de trous qui pénètrent jusqu’à plus de moitié de l’épaisseur ; on les remplit d’un liquide, comme le mercure ou l’huile, et l’on y place autant de thermomètres destinés à mesurer les températures des différens points du prisme. Ces thermomètres s’élèvent successivement, à mesure que la chaleur sortie du foyer se propage et s’établit dans le solide. On règle continuellement l’intensité de la flamme, en sorte que le thermomètre le plus voisin du foyer marque une température fixe. On a appris, par l’expérience même, que l’on peut toujours satisfaire à cette condition. Il en résulte que les températures de tous les thermomètres deviennent sensiblement constantes ; alors le prisme est dans cet état invariable que l’on se propose d’observer.

L’expérience doit durer environ cinq, six ou huit heures, lorsque la matière du prisme a une faible conductibilité ; après ce temps, pendant lequel la température de la pièce où l’on observe doit demeurer sensiblement la même, on mesure avec précision les températures devenues stationnaires. On retranche de chacune des températures mesurées la température constante de l’air, et l’on écrit l’excès indiqué par chaque thermomètre. La théorie fait connaître comment on peut déduire de ces dernières quantités la valeur numérique propre à la matière du prisme.

L’auteur du mémoire, s’étant proposé seulement de connaître les rapports des conductibilités, a fait en sorte que l’état de la superficie fût le même pour tous les prismes de