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partie physique.

leur climat et des minéraux particuliers qu’elles renferment. On y pourra remarquer des chapitres pleins d’intérêt sur les variations locales de leur température, sur l’état hygrométrique de leur atmosphère, et sur les ouragans qui les dévastent si cruellement. L’auteur parlera dans un autre volume de leurs végétaux et de leurs animaux, et il a déjà préludé à ce travail par un Mémoire sur le nombre des plantes de la Flore caraïbe et sur la proportion numérique des familles qui la composent. La multitude et la diversité de ces plantes sont d’autant plus étonnantes qu’elles contrastent avec le petit nombre des animaux, et que les courans de ces mers, étant à peu près invariables, ont dû apporter toujours les mêmes graines ; mais la force de la végétation est si grande, que tout ce qui arrive réussit et se propage. Elle oppose même de grands obstacles aux travaux des agriculteurs ; et encore aujourd’hui, après deux siècles d’efforts, l’emplacement des villes et les champs cultivés n’occupent que l’intervalle pratiqué péniblement entre les grandes forêts des montagnes et les palétuviers des rivages. Le feu seul peut détruire momentanément ces forêts épaisses qui renaissent pour peu que le terrain soit négligé. Les sentiers peu fréquentés sont bientôt envahis par des arbustes ; chaque année on est obligé d’extirper les végétaux qui couvrent les glacis des forteresses ; pour peu qu’une habitation soit abandonnée, une forêt en occupe promptement les cours et les toits et en cache les murs. Souvent, pendant la saison des pluies, il sort des agarics et d’autres champignons des parois des appartemens. M. Moreau de Jonnès a observé jusqu’à dix-huit cent vingt-trois espèces de végétaux phanérogames dans l’archipel caraïbe, et il estime qu’il peut s’y trouver six cents cryptogames. Lui-même a reconnu plus de cent soixante espèces de fougères. L’auteur se livre à de grands développemens pour déterminer quelles proportions prennent dans ce nombre les principales familles