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Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 6.djvu/542

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qui suppose évidemment que l’action et la réaction de cette portion de courant et du reste de l’aimant forment un couple. Comment dès-lors concevoir que le physicien qui admet une pareille supposition, puisse s’exprimer en ces termes à la page 769 du même livre : « Si l’on calcule l’action qu’exercerait à distance une aiguille aimantée d’une longueur infiniment petite et presque moléculaire, on verra aisément que l’on peut former des assemblages de telles aiguilles, qui exerceraient des forces transversales. La difficulté unique, mais très-grande sans doute, c’est de combiner de tels systèmes, de manière qu’il en résulte, pour les tranches d’un fil conjonctif de dimension sensible, les lois précises d’actions transversales que l’expérience fait reconnaître, et que nous avons exposées plus haut. » Sans doute que de l’action de deux systèmes de petits aimants, dont les molécules australes et boréales s’attirent ou se repoussent en raison inverse des carrés de leurs distances, suivant les droites qui les joignent deux à deux, il peut résulter des actions transversales, mais non pas des actions qui ne soient pas égales et opposées à des réactions dirigées suivant les mêmes droites, comme celles que suppose M. Biot.

En un mot, la valeur de l’action de deux éléments de fils

    formément à la loi proposée par M. Biot, admettent sans doute aussi que cette action ne meut le fil que parce que la molécule magnétique est retenue par les particules pondérables de l’aimant qui constituent l’élément magnétique dont elle fait partie ; et il est dès-lors évident qu’en supposant que l’aimant se meut par l’action de la portion de courant électrique qui le traverse, on suppose nécessairement que son mouvement résulte de l’action mutuelle qui a lieu entre chacune de celles de ses particules que traverse le courant et toutes les autres particules du même corps.