Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 7.djvu/150

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histoire de l’académie,

rence entre des individus de sauvagesia erecta, cueillis dans presque toutes les parties chaudes de l’Amérique, et ceux que l’on a reçus de Guinée et de Madagascar, et cependant il ne croit pas qu’une plante peu remarquable, qui n’est d’aucun usage, et dont les graines ne sont ni ailées ni accrochantes, ait pu être transportée par les hommes, ni volontairement ni accidentellement.


C’est surtout lorsqu’on s’attache à l’étude spéciale de quelque famille de corps organisés, et particulièrement des plus petits, que l’on parvient à se faire une idée de l’inimaginable richesse de la nature, et du nombre incalculable des espèces qu’elle a produites.

Les conferves, ces êtres aquatiques d’une nature ambiguë qui semblent ne consister qu’en filets membraneux et articulés, remplis de grains verdâtres, lorsqu’elles ont été examinées en détail par les botanistes modernes, ont offert tant de différences dans les formes de leurs articulations, dans la manière dont elles s’unissent, dans celle dont leurs filaments se groupent, et dans une multitude d’autres circonstances, que d’un genre seul, où Linnæus les avait classées, on a été obligé de former une famille entière qui contient déjà plus de cinquante genres, et qui en voit établir chaque jour de nouveaux. C’est ce qui arrive aussi pour les lichens, ainsi que nous l’avons dit l’année dernière, en parlant du travail de M. Delise, botaniste, demeurant à Vire, et de celui de M. Fée, pharmacien de Paris.

Les conferves font aujourd’hui l’objet d’une étude assidue de la part de M. Bonnemaison, qui, demeurant à Quimper, est placé de manière à observer avec une égale facilité celles