Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/277

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Sur l’air contenu

fort petites, et qui, à en juger par cette circonstance, ne devoient pas appartenir à des individus d’une grosseur considérable. Elles ne me sont parvenues que deux jours au moins après la mort de l’animal ; ainsi l’on pourroit bien croire qu’une partie de l’oxigène a dû s’absorber. Et pourtant le gaz retiré de ces vessies natatoires a rompu mon eudiomètre par son explosion, et m’a donné jusqu’à d’oxigène.

Ce rapport de la profondeur avec la nature de l’air contenu dans la vessie natatoire, paroîtra plus singulier encore, peut-être même peu vraisemblable, d’après l’idée que l’on a généralement de l’usage que les poissons font de cet organe, pour s’élever ou s’abaisser dans les eaux. Car il semble alors que pouvant à volonté plonger ou s’élever à la surface, ce seroit un pur hasard de les prendre à telle ou telle profondeur, en sorte qu’il n’y auroit aucun rapport possible entre cette profondeur et l’état habituel de leur constitution.

On pourroit d’abord répondre à cette objection en rappelant l’expérience continuelle de tous les pêcheurs, qui atteste que chaque espèce de poissons affecte dans une même saison, un même parage, et une profondeur particulière et déterminée ; de sorte que telle