Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/280

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dans la vessie des poissons.

qui a lieu dans quelques animaux qui vomissent leurs intestins à la moindre agitation ; enfin tous mes matelots m’assuroient que cet effet étoit très-ordinaire dans les poissons pêchés à une grande profondeur ; et par conséquent, tout me paroissoit indiquer qu’il a pour cause la dilatation rapide de l’air que la vessie natatoire contient : dilatation à laquelle l’animal n’a ni le tems de suffire ni la force de résister.

En effet, on sait qu’une colonne d’eau de mer, de 10 mètres de hauteur équivaut à-peu-près au poids de l’atmosphère ; si cette supposition n’est pas tout-à-fait exacte, l’erreur sera ici de peu de conséquence, puisqu’il s’agit seulement d’estimer à-peu-près des profondeurs, et non pas de les mesurer exactement. D’après cette évaluation, 100 mètres d’eau de mer équivalent à 10 atmosphères, et en y joignant celle que forme l’air extérieur, on voit qu’à la profondeur de 100 mètres, le corps de ces petits poissons éprouvoit une pression de 11 atmosphères ; par conséquent si l’air contenu dans leur vessie natatoire supportoit la même pression, il devoit, quand nous les ramenions à la surface, se dilater dans le rapport de 11 à 1, c’est-à-dire devenir onze fois plus considérable. Et l’animal ne pouvant, à