Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/281

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Sur l’air contenu

ce qu’il paroît, ni chasser cet air assez vîte, ni s’opposer avec assez de force à cette dilatation, ce qui étoit en effet lui faire subir une épreuve bien plus rude que si on l’eût mis de la surface de l’eau dans le vuide, la vessie rompoit ses ligamens et s’étendoit en se gonflant jusque dans la bouche, où elle trouvoit un espace plus convenable au volume qu’elle avoit acquis. Cet effet étoit peut-être favorisé par la position verticale où l’on tient le poisson en le retirant du fond de la mer suspendu à l’hameçon où il s’est accroché. Car on ne pêche pas autrement qu’à l’hameçon à cette profondeur et à d’autres plus considérables, comme je dirai bientôt. La corde qui porte l’hameçon est tendue à son extrémité inférieure par un plomb qui la fait descendre au fond de la mer, comme une sonde ; et la cessation de sa pesanteur indique l’instant où l’on atteint le fond. On juge ensuite de la profondeur par la longueur de la corde que l’on a filée.

L’explication précédente ne suppose point que le volume du gaz contenu dans la vessie natatoire soit le même à toute profondeur. Il se pourroit au contraire que dans un même individu, vivant à une grande profondeur le volume fût réellement moindre que s’il vivoit