Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/283

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Sur l’air contenu

quand elles ne sont pas déduites par le calcul, ou prouvées immédiatement par les faits.

Le phénomène que je viens de décrire n’a pas lieu dans toutes les espèces que l’on retire d’une grande profondeur : il en est dont l’organisation s’y oppose, soit que la vessie se trouve fixement attachée dans l’intérieur du corps de manière qu’on ne puisse l’en faire sortir sans la déchirer ; soit que l’œsophage se trouve trop étroit pour en permettre la sortie, soit enfin que la vessie natatoire soit munie d’un canal excréteur assez large pour faire sortir instantanément la quantité d’air qui lui faisoit excéder le volume qu’elle doit avoir naturellement selon la pression à laquelle l’animal est soumis.

Je n’ai point examiné les circonstances anatomiques qui accompagnent cette éjection de la vessie natatoire[1], j’ai seulement remarqué

  1. Des naturalistes très-célèbres ont trouvé ce fait si incroyable, qu’ils ont supposé que je pourrois avoir été trompé en prenant pour la vessie natatoire quelqu’autre organe : par exemple, la membrane de l’estomac qui se seroit gonflée subitement de manière à lui ressembler. J’ai tant de foi vu moi-même le fait dont je parle, qu’il me paraît comme impossible que j’aie pu me faire une semblable illusion ; mais toutefois j’ai cru, par amour