Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/282

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dans la vessie des poissons.

à la surface, et que cependant quand on ramène subitement ce poisson près de la surface, la vessie se trouvât gonflée. C’est ainsi qu’une vessie à moitié remplie d’air à la surface de la terre y paroîtra affaissée et ridée, tandis qu’elle se gonflera et se distendra presque jusqu’à se rompre, si on la porte sur le sommet du Mont-Blanc. Mais ce que suppose véritablement notre explication, c’est que l’air contenu dans la vessie natatoire supporte réellement la pression extérieure, et qu’il n’est point protégé contre elle par les côtes de l’animal ; en effet, il semble assez difficile à admettre qu’un animal put soutenir pendant des mois et des années entières une si énorme pression autrement qu’en se mettant en équilibre avec elle naturellement et sans effort, comme nous le sommes nous mêmes avec l’atmosphère. Car qu’il y ait des poissons munis de vessies natatoires qui vivent habituellement à de grandes profondeurs sans revenir jamais à la surface ; c’est ce donc l’expérience continuelle des pêcheurs permet difficilement de douter. Toutefois je ne regarde moi-même l’explication précédente que comme une conjecture, persuadé que dans l’étude des phénomènes naturels, les inductions qui paroissent les plus plausibles sont souvent trompeuses,