Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/290

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dans la vessie des poissons.

observateurs plus instruits, et plus libres que moi, les crussent assez intéressantes pour s’en occuper.

Il me semble que déja l’on peut en déduire quelques conséquences utiles. Puisque les poissons, principalement ceux qui vivent à une grande profondeur, tirent nécessairement de l’eau où ils vivent l’air qui se trouve dans leur vessie natatoire, et que dans certaines espèces cet air est incomparablement plus riche en oxigène, que celui que l’on retire de l’eau à toute profondeur ; il devient bien probable que le premier n’est pas simplement le résultat d’une extraction et d’une transmission mécanique ; mais que l’air contenu, dans la vessie natatoire est séparé et secrété à l’intérieur par des vaisseaux propres, ainsi que l’a annoncé Cuvier, qui dans quelques espèces a observé et décrit ces vaisseaux ; car on ne peut pas objecter ici que l’autre gaz a été absorbé à l’intérieur par un acte de la respiration, comme dans les poissons pris à peu de profondeur, lesquels ne contiennent presque que de l’azote, et au contraire, c’est peut-être un phénomène très-singulier par lui-même que cette grande abondance d’oxigène, dans un organe dont les membranes sont tapissées d’une infinité de vaisseaux sanguins qui sembleroient devoir l’absorber.