Page:Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil - Tome 1.djvu/43

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Mémoire

par des hommes si distingués, il semble au premier coup d’œil que la matière devroit être épuisée ; mais si on se rappelle combien il est difficile de saisir toutes les vérités qui sont du ressort de la chimie animale, si on se rappelle qu’un bien plus grand nombre de recherches avoient été faites sur le sang, le lait et l’urine, avant qu’on eût sur leur nature des idées exactes et satisfaisantes, on concevra facilement que la liqueur de la vésicule du fiel peut encore donner lieu à des observations importantes ; et même quoique depuis plusieurs mois je m’occupe entièrement de celle de bœuf, qui fait l’objet spécial de ce Mémoire, je suis loin de croire que, soumise à une nouvelle analyse, elle ne puisse offrir quelques nouveaux résultats, que des circonstances particulières m’auroient empêché de produire ou peut-être d’observer.

La bile de bœuf, toujours déposée en quantité considérable dans une sorte de sac ou poche, est ordinairement d’un jaune-verdâtre, rarement d’un vert foncé ; elle n’agit que par sa couleur sur le bleu du tournesol et de la violette, qu’elle change en jaune-rougeâtre ; très-amère et légèrement sucré tout-à-la-fois, on n’en supporte la saveur qu’avec répugnance. Son odeur, quoique foible, est facile à distinguer ;