Page:Mémoires du Muséum d'histoire naturelle - Volume 8.djvu/527

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nature. Petiver introduit l’usage, déjà établi en botanique, de signaler en raccourci, ou au moyen d’une phrase, les espèces ; mais sans le faire d’une manière rigoureuse, et en admettant des comparaisons relatives de grandeurs qui doivent en être exclues, puisqu’il faut toujours supposer que l’on ne connoît point d’autre objet de comparaison. Willughby et Rai (Hist. Insect., 1710) semblent déjà avoir presque épuisé l’entomologie de la Grande-Bretagne, tant leur catalogue, joint à celui de Lister sur les araignées, est nombreux. Des figures en taille— douce ont remplacé les figures gravées sur bois, propres à l’enfance de l’art. Enfin, vers les dernières années de cette quatrième période, l’Académie des Sciences de Paris accueille avec le plus vif intérêt les premiers mémoires d’un homme qui a illustré, de tant de manières, notre patrie ; qui, comme observateur, est un oracle que l’on consultera toujours, et dont les écrits ont formé les plus célèbres entomologistes venus après lui, Réaumur en un mot.

Nous voilà parvenus aux trois dernières et plus brillantes époques de la science, distinguées par autant d’écoles spéciales, portant chacune le nom de leur fondateur, Linnæus, Fabricius et Cuvier.

Dans sa biographie de Linnæus, le savant zootomiste que je viens de citer a exposé, avec son talent ordinaire et si rare, les services éminens que le Pline du Nord a rendus a l’histoire naturelle. Que pourrois-je maintenant vous dire de plus sur ce sujet, et quelles couleurs plus vraies et plus brillantes pourrois-je emprunter ? Tout est renfermé dans ce peu de paroles : Linnæus a été le législateur de cette science, et tous ceux qui la cultivent ont élevé dans leur cœur un autel à ce grand homme.