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les commandants d'armée

de sens de la manœuvre dont il avait fait preuve au cours des travaux sur la carte et des exercices sur le terrain. Nul ne me sembla mieux préparé que lui au commandement de la 5e armée, celle dont la manœuvre serait la plus délicate à mener, celle à laquelle serait dévolu un rôle essentiellement variable selon les circonstances.

Les autres armées étaient confiées :

La 1re au général Dubail, beau, fidèle et solide soldat, chef discipliné et consciencieux ;

La 2e au général de Castelnau. Celui-ci avait participé, comme je l'ai dit, à toutes les études du plan XVII dont il avait été l'un des principaux artisans. Sa réputation de manœuvrier l'avait désigné à mes yeux pour le commandement de cette armée destinée à attaquer en Lorraine entre les Vosges et Metz ;

La 3e au général Ruffey, dont la réputation comme artilleur était solidement établie. C'était un esprit brillant très imaginatif, dont les qualités de technicien auraient à s'employer utilement dans les opérations que son armée serait amenée probablement à exécuter dans la région de Metz ;

Enfin, la 4e armée était confiée au général de Langle de Cary. C'était un caractère droit et ferme, discipliné, plein d'autorité, animé à un très haut degré du sentiment de sa responsabilité. On pouvait lui faire la plus large confiance. Aussi, lorsqu'en juin 1914, il dut passer au cadre de réserve, j'obtins qu'il conservât encore sa lettre de commandement. La noble attitude et les hautes qualités qu'il déploya à la tête de la 4e armée dans les premiers mois de la guerre, puis comme commandant du groupe d'armées du centre, de la fin de 1915 au milieu de 1916, ont prouvé que cette confiance était bien placée.

Le général Valabrègue, commandant du 3e corps d'armée, entra au Conseil supérieur de la Guerre en remplacement du général de Langle. Il reçut une lettre de commandement pour le groupe de divisions de réserve, qui, à la mobilisation, devait se réunir dans la région de Vervins-Hirson en arrière de la gauche de notre dispositif.