Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/267

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clarté des symboles primitifs, c’était en multipliant à profusion ces trésors mythologiques, où vinrent s’abreuver toutes les générations littéraires et artistiques des siècles suivants. C’était donc aux poètes qu’appartenait, comme je l’ai dit, l’enseignement théologique, qui forme, partout ailleurs qu’en Grèce, le privilège le plus important du sacerdoce. Mais cet enseignement n’était que l’écho respecté des anciennes traditions, puisque les poètes n’étaient que les traducteurs des croyances populaires. Ils ne relevaient que de l’inspiration directe des Muses leur autorité n’était soumise à aucun contrôle, mais personne n’était obligé de l’accepter, et comme l’inspiration était toute personnelle, un poète n’était pas tenu de se conformer aux opinions de ses devanciers.

Non seulement l’enseignement théologique des poètes n’avait pas plus d’unité que la nation elle-même, mais une foule de légendes qui n’avaient pas même été recueillies par la poésie, vécurent cependant sur leur sol natal jusqu’aux derniers temps du polythéisme. Pausanias en a rassemblé un grand nombre ; d’autres nous sont connues par des mythographes, par des inscriptions, par des monnaies. En rassemblant ces documents épars, on pourrait dresser une carte mythologique de la Grèce, et localiser notamment les cycles héroïques. On aurait par exemple les mythes thessaliens de Pélée et d’Achille, des Centaures et des Lapithes, le mythe étolien de Méléagre, les mythes argiens de Danaos, de Phoroneus, d’Ina-