Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/278

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dans la médecine en disant qu’ils sont de la descendance de Paiôn. Les modernes eux-mêmes appellent quelquefois les poètes enfants des Muses. Ces formes de langage étaient si générales dans l’Antiquité, qu’on peut croire que les noms de Branchides, d’Asklépiades, d’Homérides, représentaient moins une descendance réelle que des écoles de devins, de médecins et de poètes.

Les Grecs respectaient toutes les traditions et acceptaient toutes les formes religieuses. Quand une tribu s’établissait dans un pays, elle adoptait le culte des anciens habitants et les laissait en possession du sacerdoce. Ainsi, selon Éphore, les prophétesses de Dodone étaient prises dans la descendance des Pélasges. Les Selles, interprètes du dieu de Dodone, d’après l’Iliade, étaient probablement une tribu pélasgique. Pindare les nomme les Helles, et de ces deux formes, l’une se retrouve dans le nom du fleuve Sellèéis, l’autre dans le nom d’Hellopie, donné au pays de Dodone dans un fragment des Grandes Éoïées. Aristote place l’Hellade primitive aux environs de Dodone et de l’Achélôos, et il ajoute :

« C’est là qu’habitaient les Selles, et ceux qu’on nommait alors Grecs (Graikoi), et qu’on nomme aujourd’hui Hellènes. »

Les Selles étaient donc les familles indigènes de Dodone, qui conservaient, dans ses formes traditionnelles, le culte du dieu de ce pays. Homère leur donne pour épithète : aniptopodes, ce qui signifierait, d’après les scholiastes, qu’ils ne lavaient pas les pieds.