Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/293

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infaillibles, car la vieillesse a toujours une confiance entière dans sa propre expérience. Mais les questions d’agriculture devaient se présenter bien plus souvent que toutes les autres, et la réputation des devins s’établissait par la manière dont ils savaient les résoudre. Pour comprendre les mœurs des populations primitives, observons ce qui se passe encore aujourd’hui dans nos campagnes ; pensons au succès des almanachs prophétiques et rappelons-nous que la première cause de ce succès est l’impuissance de la science à prévoir ce qui intéresse le plus les laboureurs.

La succession régulière des productions terrestres selon l’ordre des saisons devait faire attribuer à la Terre la même prescience qu’au Ciel. Dans la Théogonie, les divinités fatidiques sont la Terre et le Ciel étoilé. Au début des Euménides d’Eschyle, la pythie invoque la Terre, qui la première rendit des oracles à Delphes. Ces oracles étaient attribués, en effet, à une émanation directe de la terre. Selon Justin, il y avait sur le Parnasse, au milieu d’une petite plaine située dans une anfractuosité du rocher, un trou profond, d’où s’échappait un souffle froid qui communiquait à ceux qui s’en approchaient un délire prophétique ; Plutarque et Pausanias parlent de ce dégagement de gaz, découvert par des bergers qui en éprouvèrent les premiers l’effet merveilleux. On lit dans le