Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/294

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traité du Monde attribué à Aristote :

« Parmi les exhalaisons qui s’ouvrent des issues en divers endroits de la terre, les unes inspirent à ceux qui s’en approchent un violent enthousiasme, les autres produisent une sorte d’épuisement ; il y en a qui font rendre des oracles, comme à Lébadée et à Delphes.- »

Diodore de Sicile rapporte une ancienne tradition qui attribuait à des chèvres la découverte de l’oracle de Delphes : le berger qui les conduisait, étonné de leurs bonds désordonnés et de leurs bêlements étranges, s’approcha pour en chercher la cause, et ressentit à son tour les effets du dégagement du gaz ; il fut pris de vertige et se mit à prédire l’avenir. Le bruit s’en étant répandu, on reconnut qu’il y avait là un oracle de la Terre. Dans le commencement, ajoute Diodore, chacun le consultait pour son compte ; mais plusieurs personnes, sous l’influence du délire qui les agitait, se laissèrent tomber dans le gouffre et ne reparurent plus. Pour éviter ce danger, les habitants du pays placèrent un trépied au-dessus de l’ouverture, et chargèrent une femme de recevoir les inspirations de la Terre et de les transmettre aux consultants. On confia d’abord ces fonctions à des jeunes filles, mais la beauté de l’une d’elles l’ayant exposée à des violences, on ne choisit plus pour pythies que des vieilles femmes.

L’hymne homérique à Apollon attribue à une colonie de Crétois l’établissement du culte de ce dieu à Delphes.