Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/297

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par un autel de pierre au centre de toutes les maisons et de tous les temples. On associait aussi au culte du grand dieu de Delphes sa mère Léto et sa sœur Artémis. Les fontaines fatidiques de Cassotis et de Castalie étaient consacrées aux Muses, déesses de la poésie et du chant, qui étaient, originairement les nymphes des sources inspiratrices de la Piérie et de la Béotie. Les Grecs avaient, remarqué les propriétés médicales de certaines eaux ; d’autres, en agissant sur le système nerveux par les gaz qu’elles contenaient, produisaient une sorte de délire poétique ou prophétique ; on appelait nympholeptes ou possédés des nymphes ceux qui subissaient cette influence. Le prophète d’Apollon Clarien, à Colophon, les Branchides, interprètes d’Apollon Didyméen à Milet, recevaient l’inspiration en buvant ou en respirant des eaux fatidiques. Quelquefois on augmentait l’énergie de ces eaux par des plantes narcotiques. La pythie de Delphes buvait à la fontaine Castalie et mâchait des feuilles de laurier avant de s’approcher du trépied. On croyait pouvoir développer, par des moyens artificiels analogues à ceux qui produisent l’ivresse, la faculté de divination que l’homme ne possède pas quand, il est dans son état normal.

La réputation qu’avait eue dans l’époque héroïque l’oracle de Zeus Dodonéen passa dans la période suivante aux oracles d’Apollon et surtout à celui de Del-