Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/296

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éclaire en avant, ce qui est le sens du mot Prométhée. D’après, un poème intitulé Emnolpia, une part de l’oracle de Delphes aurait appartenu à Poséidon. Souvent, en effet, la science prophétique a été attribuée aux divinités de la mer, par exemple à Nèreus, à Prôteus, à Glaucos. Dans les flots comme dans le ciel, la Terre et les astres, les Anciens voyaient des puissances vivantes, ayant conscience de leurs actes, dont chacun était le résultat d’une volonté réfléchie. Avant de s’embarquer on s’efforçait de connaître les intentions des dieux marins, et on les interrogeait, c’est-à-dire qu’on cherchait dans l’aspect de la mer des signes précurseurs de la tempête ou du beau temps. Athéna, qui est la lucidité du ciel et de l’intelligence, avait un autel devant, le temple de Delphes, c’est pourquoi on la nommait pronaia. Cependant ce nom est plus souvent écrit pronoia, celle qui voit en avant, la prévoyance ou providence, parce que, selon Harpocration, elle avait préparé l’accouchement de Lèto ; en effet, la sérénité du ciel facilite l’apparition du Soleil. L’empereur Julien, dans son Discours au Soleil-roi, cite le vers :

« Il alla vers Pytho et vers la Providence aux yeux clairs […]. Les anciens avaient associé Athéna-Providence à Apollon, qui n’est autre que le Soleil. »

Une autre déesse honorée à Pytho, selon un hymne homérique, était la vierge Hestia, la Terre considérée comme le foyer immobile du monde ; et représentée