Page:Ménard - Du polythéisme hellénique, 1863.djvu/308

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Ces merveilles augmentaient le respect des peuples pour l’oracle de Delphes. Sa réputation s’étendait même au delà de la Grèce, sa véracité était attestée par d’innombrables offrandes, on citait d’éclatants exemples de sa haute sagesse. Sur les portes du temple, on lisait des sentences morales écrites, disait-on, par les sept sages, comme :

« Apprends à te connaître », « Ne désire rien de trop. »

Pytho était la capitale des Amphictyons, le centre religieux et politique de la Grèce, le nombril de la terre.

« On se rend à Delphes, dit Aristide, et on consulte l’oracle sur la destinée des États. Les lois ont été établies conformément aux réponses de la pythie ce dont Lycurgue donna le premier exemple. »

On interrogeait aussi le dieu sur la manière de régler les cérémonies du culte public, de détourner les fléaux, d’expliquer les prodiges, sur la fondation des temples ou l’établissement des colonies. Ainsi la ville de Cyrène fut fondée d’après une réponse de l’oracle de Delphes. L’influence de cet oracle correspond à la grande période politique et morale de l’histoire grecque. Cicéron et Plutarque expliquent sa décadence par l’affaiblissement de cette exhalaison qui sortait de la terre, et qui avait fini par s’évaporer comme une rivière qui se tarit. Mais les autres oracles d’Apollon cessèrent à peu près en même temps. La constitution du sol de la Grèce avait pu se modifier par l’action des tremblements de terre ou par d’autres raisons géologiques ;