Page:Méric - À travers la jungle politique littéraire, 1930.djvu/176

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Suivaient quelques autres conditions secondaires. Ce fut là ce qui détermina une scission. Nous sortîmes en masse du Parti. Pour ma part, je n’étais nullement visé, n’appartenant ni à la Maçonnerie, ni à la Ligue. Mais il y avait les collaborations « bourgeoises ». Car j’étais alors rédacteur en chef du Merle blanc. Grave problème. Le Merle blanc organe satirique hebdomadaire et légèrement bolchevisant, pouvait-il être considéré comme journal « bourgeois » ? On discuta longuement là-dessus. On argumenta durant des heures. Finalement, la majorité décida que le Merle blanc était une feuille à part, ni bourgeoise, ni prolétarienne, et que rien ne s’opposait à ce qu’un communiste y collaborât.

C’était d’un drôle achevé. Mais, ainsi que je l’ai déjà dit, je quittai, néanmoins, le parti, en compagnie de Georges Pioch, de Séverine, Torrès, Ernest Lafont, Noël-Garnier, Gabriel Reuillard, Robert Tourly, Bernard Lecache et nombre d’autres. Frossard vint nous rejoindre quelques jours après. Paul Louis s’en était allé quelques jours avant.

Nous composions une belle équipe, suivie de plusieurs milliers de militants. Nous fondions un nouveau groupement : l’Union sociale-communiste, et un journal : L’Égalité. Et, pendant plus d’un an, ce fut une sombre bagarre.

C’est ainsi que je devais affronter, dans le troisième secteur, nos amis communistes d’hier, en qualité de candidat de l’Union socialiste-communiste. Je cueillis une superbe veste. La dernière, d’ailleurs,