Page:Méric - À travers la jungle politique littéraire, 1930.djvu/177

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car je ne me sens nullement l’envie de renouveler des aventures de ce genre.

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Entre temps, et avant la scission que je viens d’évoquer, je me faisais la main dans les élections municipales du quartier de la Santé. Celui qui n’a pas suivi et qui n’a pas vu ces élections n’a rien vu.

Le quartier de la Santé était un quartier tranquille qui, jusqu’alors, avait appartenu aux radicaux. Aucune chance pour le socialiste qui décrochait là quelque deux cents ou trois cents suffrages. Ce fut, cependant, ce quartier que l’on choisit pour une expérience plutôt scabreuse.

On posa la candidature de Louis Badina, marin de la mer Noire, condamné et emprisonné. Personne, parmi nous, ne croyait à la possibilité du succès. Nous avions pour adversaire un radical, un bloc-nationalard et un socialiste. Mais nous commençâmes, dans ce quartier paisible, à organiser un chahut de tous les diables. Réunions sur réunions, avec le concours de tous les « as ». On s’entassait dans les préaux d’école pour entendre les citoyens Cachin, Vaillant-Couturier, Berthon, Pioch, Frossard, Sellier… Chaque soir, le quartier était secoué, bouleversé. Comme à l’élection de Saint-Gervais, on accourait de tous les coins de Paris et de la banlieue.

Je puis bien le dire aujourd’hui, c’est moi qui menais la danse, avec les militants de la quatorzième section. J’avais imaginé une tactique nouvelle