Page:Mérimée - Les deux héritages, suivi de L'inspecteur général, 1892.djvu/169

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L’INSPECTEUR GÉNÉRAL.

que cela peut être ? — Mon valet se présente : (Il contrefait un valet qui annonce.) Ivan Alexandrovitch Khlestakof de Pétersbourg. Ordonnez-vous qu’il entre ? Mais ces lourdauds savent-ils seulement ce que cela veut dire : « Ordonnez-vous qu’il entre ? » Pour ces gens-là, qu’il arrive n’importe quelle oie, un campagnard… l’ours qu’il est, vous entre droit dans le salon. On trouve là une jolie demoiselle, on s’approche : Mademoiselle, je… (Il se frotte les mains et fait craquer ses bottes.) Heuh ! (Il crache.) J’ai mal à l’estomac. C’est drôle, comme j’ai faim.



Scène VI.

KHLESTAKOF, OSIP, puis LE GARÇON DE L’HÔTEL.
Khlestakof.

Eh bien ?

Osip.

On apporte le dîner.

Khlestakof frappe des mains et tambourine doucement sur la table.

Le dîner ! le dîner ! le dîner !

Le Garçon, portant quelques assiettes.

Monsieur dit que c’est pour la dernière fois qu’il vous fait servir à dîner.

Khlestakof.

Monsieur, monsieur… Je me moque pas mal de ton monsieur. Qu’est-ce que tu as là ?

Le Garçon.

De la soupe et du rôti.

Khlestakof.

Comment, deux plats seulement !