Page:Mérimée - Les deux héritages, suivi de L'inspecteur général, 1892.djvu/170

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
162
L’INSPECTEUR GÉNÉRAL

Le Garçon.

Oui.

Khlestakof.

Mais quelle infamie ! Je n’en reviens pas. Dis-lui… que jamais on n’a vu… Comme il y en a peu !

Le Garçon.

Non, le maître dit qu’il y en a beaucoup.

Khlestakof.

Et des légumes, pourquoi n’y en a-t-il pas ?

Le Garçon.

Il n’y en a pas.

Khlestakof.

Pourquoi donc ? En passant près de la cuisine, j’ai vu qu’on en faisait à force. Et aujourd’hui, dans le salon du restaurant, il y avait deux petits messieurs qui mangeaient du saumon et beaucoup de toutes sortes de choses.

Le Garçon.

De cela, il y en a, et il n’y en a pas, s’il vous plaît.

Khlestakof.

Comment, il n’y en a pas i

Le Garçon.

Mon Dieu, non, il n’y en a pas.

Khlestakof.

Il n’y a pas du saumon, du poisson, des côtelettes !

Le Garçon.

Ah ! oui, mais pour ceux qui paient.

Khlestakof.

Quel imbécile tu fais !

Le Garçon.

Je ne dis pas.

Khlestakof.

Tu es un vilain maroufle… Qu’est-ce à dire ? Je ne mangerai pas de ce que les autres mangent ? Pour-