Page:Mac-Nab - Chansons du Chat noir, Heugel.djvu/57

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    C’est lui qui des trois couleurs
    Orna les guérites blanches ;
    On eût dit de loin des fleurs
    Et ce n’étaient que des planches !
    Mais, depuis qu’il n’est plus là,
    Tout noircit sous la poussière. »

— On les repeindra, grand’mère,
Grand’mère, on les repeindra.

    — Quand on brisa son épée.
    Je disais : « Il reviendra
    Lorsque le tambour battra ! »
Mais comme je m’étais trompée !
    Dès ce jour, ô désespoir,
    On ne vit plus dans la plaine
    Galoper son cheval noir.
    Si profonde fut ma peine
    Que ma tête s’égara.
    Et depuis, je désespère… »

— Dieu vous la rendra, grand’mère.
Grand’mère, Dieu vous la rendra !

    — Un soir, oh, je l’ai vu presque,
    À la gare de Lyon ;
    Il a passé comme un lion !
Ce fut un tableau gigantesque :
    Chacun courait se coucher
    Devant la locomotive.
    Moi, je voulais le toucher,
    (J’étais plus morte que vive),
    Mais Paulus m’en empêcha ;
    Il me mit bien en colère… »

— Paulus était là, grand’mère,
Grand’mère, Paulus était là !