Page:Mac Orlan - Le Chant de l’équipage.djvu/55

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V

UNE LUEUR


― Remettez-vous, mon vieux, ce n’est qu’un peu de dépression nerveuse. C’est égal, j’ai eu raison d’aller visiter l’Olonnais. C’est une simple question de moto-godille qui vous a sauvé la vie. Quant à cette histoire de mendiante, je sais ce que vous voulez dire. Vous avez rencontré Marie du Faouët. C’est une célébrité locale contre laquelle nous autres, gens de la ville, sommes impuissants. Ah, s’il ne tenait qu’à moi, voua pouvez être certain que cette répugnante drôlesse serait enfermée quelque part, elle, ses jeux de physionomie et ses parasites. Mais toucher à Marie du Faouët, ça serait ameuter le pays contre nous. Les légendes poussent ici comme des pommes de terre. Vous en connaissez probablement. Elles témoignent d’un respect craintif pour les morts, les sorciers et les sorcières. Marie du Faouët est une sorcière. Au XVe siècle, on eût débarrassé le pays en la brûlant, ce qui aurait diablement soulagé toute la contrée. Les gens la protègent parce qu’ils la craignent. Il faudrait