Page:Machaut - Œuvres, éd. Hœpffner, II.djvu/233

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REMEDE DE FORTUNE I 53

4160 Pour la doubte qui l'acouroit.

Lors fu en grant merencolie

Comme cils qui pense et colie,

Contrepense, estudie et muse, 4164 S'a certes estoit, ou par ruse,

Ou se ses cuers einsi plaier

Me voloit, pour moy essaier.

Mais si très aviseement 4168 Le faisoit et si soutieument

Que je ne pos onques le voir

De la mansonge concevoir.

Si m'avisai que je feroie, 4172 Et pensai que je li diroie :

« Ma chiere dame, vous savez

Comment moy et mon cuer avez,

Comment je vous aim sans retraire, 4176 Comment vous me poëz deffaire

Et mettre a mort, se vous volez,

Se vo dous regart me tolés.

Dame, et se vous avez corage 4180 D'autre recevoir en hommage,

Ou de moy tenir en penser,

Qu'envers moy daingnissiés fausser,

Ou de moy de vous estrangier 4184 Qui sui en vostre dous dangier,

Pour Dieu, dame, tant vous fiez

De moy, las! que vous m'ociez,

En moy disant sans couverture 4188 Que vous n'avez mais de moy cure.

Car il me vaut trop mieus morir

��4160 CE la doulour — 41G4 J muse — 4165 se manque dans E — 41G7 B'J très amiablement; le vers est ajouté par B' au bas de la colonne — 4168 CE soutiuement — 4169 EJ veoir — 41 79 E se lors aucs — 4185 J fier — 4186 J car vous mocier — 4189 A F y.

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